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Élections régionales 2015 : pensez aux procurations

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Fabienne HALOUI 

Secrétaire administrative: 

Aimée NANIA VALENTI

 
 
 

36ème congrès du PCF: Intervention de Fabienne HALOUI

 

Alors que notre ambition est de bousculer le rapport de forces à gauche pour faire grandir le front contre l’austérité et sortir de la crise, des études accréditent l’idée que l’imaginaire du pays se radicalise à droite.

Si le retour à la morale puritaine se développe en période de crise, l’argument de droitisation rend service à la stratégie de COPPE mais aussi au parti socialiste qui ainsi justifie ses reculs sans se remettre en cause sur le plan économique et social.

La raison majeure de cette apparente droitisation : le PS ne porte plus d’alternative politique : une question centrale à débattre avec les électeurs socialistes, l’élargissement du Front de Gauche en dépend.

La deuxième raison, le surinvestissement idéologique par la pensée dominante de thèmes comme l’immigration ou l’islam alors que les préoccupations premières sont l’emploi, le pouvoir d’achat.

Pas anodin que certains sujets envahissant les médias avec des campagnes savamment orchestrées.

L’opinion française était déjà largement acquise à l’idée que l’immigration menaçait nos emplois, le slogan du FN des années 80 a martelé les esprits.

Mais l’offensive identitaire est, elle, plus récente et à mettre à l’actif du sarkozysme : exploitant les paniques morales, il s’est fixé l’objectif d’unifier idéologiquement l’électorat de droite et d’extrême droite en accouchant d’une droite libérale, occidentaliste, obsédée par l’identité. Cette offensive et ses effets sont datés, fin 2009-2010, le débat sur l’identité nationale a légitimé et ouvert l’offensive qui allait désigner le musulman comme le nouvel ennemi de l’intérieur menaçant nos traditions, notre identité, notre laïcité jusqu’à l’affaire du pain au chocolat en passant par la viande hallal et le communautarisme.

Ces opérations de brouillage des consciences activent sur le terrain identitaire, un clivage droite-gauche qui se fait de moins en moins sur les questions sociales.

Alors que l’opinion française, entre 2002 et 2010, a progressé sur le droit de vote des étrangers et sur l’immigration source d’enrichissement culturel, l’opinion bascule après le débat sur l’identité. Fin 2009, 59 % des français étaient favorables au droit de vote des étrangers, plus que 48 % en janvier 2011 et 44 % en décembre de la même année.

S’il est presque naturel que l’opinion ne soit pas favorable au port du foulard, pendant longtemps 55 % étaient indifférents à ce phénomène dans la rue et 1/3 y étaient hostiles. Depuis 2010, 1/3 de l’opinion est indifférente et 60 % sont hostiles au port du foulard dans la rue.

Lorsque les sondés peuvent nuancer leurs opinions, les études confirment que les électeurs UMP et FN voient majoritairement l’islam comme une menace, les électeurs de gauche étant plutôt dans l’indifférence ou dans une relative ouverture.

Une étude très récente dans le Monde montre que cette pollution peut menacer l’électorat de gauche, tout en ayant conscience que peuvent co-habiter le besoin de repli lié à l’impuissance et l’envie de changer.

L’idée elle-même de droitisation découle d’une offensive délibérée car la réalité est plus complexe,  l’opinion se réapproprie des idées de gauche, le retour de la nationalisation, le pilotage des politiques publiques ou le partage des richesses.

Les électeurs du Front de Gauche et socialistes ont davantage confiance en l’avenir, ils demandent plus de justice sociale, de services publics, condamnent le racisme et les discriminations, refusent la stigmatisation des pauvres et des étrangers.

Les bases d’un rassemblement pour transformer l’actuel pessimisme en force d’espérance existent.

Pour construire une nouvelle conscience de classe,  luttons  contre les divisions et les préjugés, le pauvre et l’immigré ne sont ni des assistés ni des fraudeurs ; l’immigration n’est pas un coût pour la France ; les étrangers ne prennent pas le travail des français; les salaires, les charges ne nuisent pas à la compétitivité du travail, tous les musulmans ne sont pas des intégristes etc…

Il nous appartient de ne rien céder sur le terrain des valeurs en affrontant les questions posées par le vivre ensemble dans la France telle qu’elle est, un vieux pays d’immigration, pluriel et métissé mais qui ne s’assume pas comme tel.

Face à la droite dure qui théorise et exploite le nous et le eux, ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux qui n’ont pas la même religion que nous, la question qui est posée est de dépasser l’opposition entre ce « nous »,  et les « autres » pour rentrer dans la normalité d’un nous global qui rassemble sur la base de convergences d’intérêts et des rapports de classe pour façonner une nouvelle pensée solidaire.

 

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