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Redéfinir les bases du vivre ensemble! Par Fabienne Haloui
 
 

Redéfinir les bases du vivre ensemble! Par Fabienne Haloui

 

Lors de l’initiative du PCF, le samedi 15 décembre 2012 à Marseille sur le thème « Vivre Ensemble, Refonder la République, Refonder l’égalité » j’intervenais dans une des deux tables rondes, voici mon intervention ci-dessous intitulée «Redéfinir les bases du vivre ensemble »

Fabienne Haloui,

Secrétaire Départementale du PCF 84

Animatrice de la lutte contre le racisme et les discriminations au PCF

 

 

 

Redéfinir les bases du vivre ensemble!

 

 

Avec la laïcité, les valeurs de  Liberté, d’Egalité, et de Fraternité sont les fondements républicains de notre vivre ensemble. Aujourd’hui, sur fond de politiques libérales, ces valeurs sont malmenées, dévoyées  dans une société en crise qui ne connait qu’une loi, celle de la soumission aux marchés financiers.

Comme toujours en période de crise, en l’absence de réponses aux urgences sociales,  l’extrême droite distille le racisme, attise les peurs et désigne des boucs émissaires. Ce discours n’est plus seulement le fait de l’extrême droite, il est  aussi porté par grande partie de l’UMP.

Si pour tounotre vivre ensemble. Aujourd’hui, sur fond de politiques libérales, ces valeurs sont malmenées, dévoyées  dans une société en crise qui ne connait qu’une loi, celle de la soumission aux marchés financiers.

Comme toujours en période de crise, en l’absence de réponses aux urgences sociales,  l’extrême droite distille le racisme, attise les peurs et désigne des boucs émissaires. Ce discours n’est plus seulement le fait de l’extrême droite, il est  aussi porté par grande partie de l’UMP.

Si pour tout marxiste, l’histoire des sociétés, c’est la lutte des classes, la droite et l’extrême-droite, préfèrent substituer à cette grille d’analyse une autre conception du monde : celle qui prône le choc des civilisations, des ethnies, des religions : nous serions menacés par une immigration de masse et par un nouvel ennemi de l’intérieur, le musulman forcément fanatisé.

Cette vision du monde intégrée aux stratégies de domination capitaliste permet de déplacer  la question sociale sur le terrain identitaire et se heurte aux conceptions de la république qui ne reconnait pas les identités et les constructions ethniques.

Une « parole ethnicisée » banalisée nous envahit, qui apparait moins comme raciste que comme l’expression d’un problème avec la différence. C’est là le produit de la « lepénisation des esprits » et de la mise à l’index de populations par la mandature Sarkozy, mais pas seulement.

En effet, les rapports « racialisés » se confondent avec l’histoire du capitalisme : ce que Marx appelait « l’accumulation primitive du capital » c’était le travail gratuit des esclaves ; c’est sur des rapports de domination comme l’esclavage puis la colonisation qu’ont émergé les sociétés capitalistes.

Dire cela c’est reconnaître que la pensée dominante a été longtemps structurée sur l’inégalité des races et une politique d’immigration hiérarchisée sur un concept culturel: les immigrés étaient sélectionnés en fonction de leur pays d’origine et de leur degré d’assimilation jusque dans les années 60.

Il fallait éviter à tout prix Les Maghrebins et les Noirs, qui suscitaient alors la «mixophobie »,  il fallait les regrouper, les maintenir dans leur culture ; éviter les mariages mixtes.

Ces théories imprègnent les préjugés que nous portons sur les immigrés et leurs enfants issus,  aujourd’hui, aux ¾ du Maghreb et d’Afrique Subsaharienne

Ces enfants d’immigrés, français à 97 % mais qui se sentent toujours perçus comme des «issus de » et dont 67 % pensent que « Le regard des autres ne fait pas d’eux des Français»

Rien d’étonnant, 1 français sur 3 conteste leur appartenance à la nation.

A situation sociale égale, ils sont plus discriminés dans l’accès à l’emploi, au logement, aux loisirs : Cette réalité est attestée par de nombreuses études.

Si l’égalité devant la loi demeure un des  fondements de la république, il faut reconnaître que notre universalisme républicain, aveugle aux différences, ne traite pas ses enfants à égalité.

Les descendants d’immigrés maghrébins et africains partent avec un handicap lié à l’origine qui s’ajoute à celui du milieu social. Une double pénalité : de classe et de race.

Patrick Simon, socio-démographe pense que lorsque les “vrais gens” ont l’impression de n’apparaître nulle part dans un ensemble social qui est sensé les représenter, il se crée des tensions génératrices de discriminations et de ressentiment, tensions d’autant plus sourdes  et potentiellement dangereuses que le système politique en contrôle l’expression.

L’OCDE critique le quinquennat Sarkozy en soulignant l’importance du discours public qui, lorsqu’il est stigmatisant, peut produire des effets négatifs sur l’intégration des immigrés en renforçant les stéréotypes négatifs et le repli communautaire.

C’est dans ce contexte de crispations identitaires qu’un rapport du Haut Conseil à l’intégration  mentionne que de nombreux états européens, dont la France, s’engagent dans la voie du multiculturalisme sans l’avoir choisi.

Le multiculturalisme consacre  l’existence de groupes ethniques et participe au phénomène de fragmentation. On reconnaît les individus dans une spécificité ethnique, culturelle ou religieuse et on étouffe leurs aspirations à l'égalité réelle. C’est prendre le risque que des groupes vivent à côté mais pas ensemble dans des logiques de rapports de force.

Cette conception n’est pas celle du Parti Communiste !

Nous savons aussi que l’instrumentalisation rigide du modèle républicain par les droites populistes et xénophobes provoquent le mal qu’elles prétendent combattre, le communautarisme, en prônant la séparation ou l’assimilation autoritaire au nom d’une France mythique qui n’a jamais existé.

Dans un contexte de crise sociale aggravée, la France souffre-t-elle d’une crise identitaire ?

Vieux pays d’immigration, pluriel et métissé, la France ne se représente pas et ne s’assume pas comme tel.

Rejeter le multiculturalisme, ce n’est pas nier un fait d’histoire : la  France est  plurielle, multiculturelle, multiconfessionnelle.

C’est avec cette France dans sa diversité et non avec une France fantasmée que nous devons poser la question du vivre ensemble et de la République universelle, une et indivisible. Le défi qui nous est posé, faire peuple dans la diversité !

Il ne s’agit pas d’opposer la diversité à l’égalité mais de les articuler dans un même combat!

Comment dépasser l’opposition entre ce  « nous » mythifié, les français, les européens et les  « autres » les arabes, les musulmans pour rentrer dans la normalité d’un « nous global, un nous autres français »

Ce nous qui permettra d’inventer la société du vivre ensemble, solidaire, laïque, fondée sur l’égalité des droits pour tous, le refus des discriminations, le respect de l’altérité culturelle, la citoyenneté de résidence,  la valorisation de la culture du métissage.

 

1.   Si c’est avant tout la crise sociale qui rend l‘intégration difficile, osons aborder des sujets qui heurtent

L’islam est devenue la 2ème religion dans un pays le moins religieux d’Europe et la France historiquement a toujours accepté la différence religieuse dans la conflictualité et avec du temps.

Apaisons le débat, la défaite de Sarkozy peut y contribuer si on ne mange pas des pains au chocolat tous les matins. Déconstruisons les préjugés sur l’islam vécu comme une menace, détricotons ce qui relève du réel, du fantasme ou de l’amalgame entre l’intégrisme et l’immense majorité des musulmans qui aspirent qu’à une chose, qu’on les oublie.

La musulmanophobie est une nouvelle forme de racisme il faut la combattre! Musulmanophobie et non islamophobie car il est inacceptable de stigmatiser des individus en raison de leurs croyances religieuses mais le droit au blasphème relève de la liberté d’expression.

Sans rien concéder aux groupes ultra-orthodoxes minoritaires, la République doit pouvoir répondre à des demandes relevant de l’exercice de la religion alors que la laïcité a été perçue jusqu’à présent par les musulmans sous le seul angle de l’interdit.

La laïcité doit être perçue pour ce qu’elle est : garante de l’égalité des droits, de l’acceptation des différences, du respect de la liberté de conscience et de culte, du refus de l’intégrisme.

Il y a et il y aura encore des tensions entre l’islam et la laïcité mais c’est presque naturel car c’est la preuve que les processus d’accommodement sont engagés et inévitables.

Il y a urgence à mener ces débats car il y a urgence à faire reculer le racisme et les discriminations insupportables et parce qu’il est indispensable de recréer  l’unité pour mener le combat de classe contre les inégalités sociales et pour vivre dans une France qui s’assume.

 

2.  Autre point de fixation: lecommunautarisme

Le terme communautarisme a envahi l’espace médiatique, en raccourci les musulmans n’appartiendraient  pas loyalement à la communauté nationale, ils menaceraient notre identité car ils choisiraient la vie communautaire à l’intégration.

60 % des immigrés du Maghreb vivent dans  le logement social ou des logements privés faisant fonction de logement social, en raison de leur état dégradé.

C’est plus une assignation à résidence qu’un choix de vie, les  raisons sont sociales (bas revenus, prix du loyer) et liées à la discrimination subie dans le parc locatif privé.

69 % des ménages immigrés souhaitent déménager et changer de quartier, ils sont 2 fois plus nombreux que les ménages français de parents français à vouloir déménager, l’envie de changer de quartier est très majoritaire !

Un sondage réalisé par Gallup, en mai 2009, dans plusieurs pays européens confirmait qu'en France  83 % des musulmans souhaitaient vivre dans un environnement diversifié contre 4 % qui souhaitaient vivre entre eux.

Cet enfermement communautaire non choisi conduit  des familles françaises de « souche » à quitter ces quartiers dans des logiques séparatistes.

« Si certaines cités sont des zones de non-droit, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas y rentrer… mais parce qu’on ne peut pas en sortir ».

Parlerait-t-on encore de communautarisme si on gagnait, dans ces quartiers, le droit à la mobilité sociale et résidentielle ?

La politique du logement social doit concentrer toutes nos attentions, celle de l’école également

La suppression de la carte scolaire a été une véritable bombe à fragmentation qui aggrave le séparatisme social  et ethnique alors que l’école ne se contente plus de reproduire les inégalités puisqu’elle les aggrave. Il faut recréer les conditions de la mixité sociale, scolariser les enfants avant 3 ans, se donner les moyens comme jamais,  lutter  contre l’échec scolaire des fils d’immigrés qui pour nombre d’entre eux réussissent moins scolairement que leurs sœurs.

C’est avec cet investissement massif dans l’école que l’on reconnaitra  la République

Bien entendu, nous le savons tous la question majeure pour sortir de la ségrégation, c’est avoir un emploi correctement rémunéré mais la lutte contre les discriminations passe aussi par d’autres combats

 

Droit de vote des résidents étrangers non communautaires

Peut-on appeler le peuple à prendre le pouvoir sans concevoir la citoyenneté des résidents étrangers......

Chaque être humain doit être pleinement citoyen là où il vit, travaille, paie ses impôts.

C’est la révolution française qui avait proclamé la supériorité du droit du sol sur le droit du sang en accordant la citoyenneté de résidence en 1793

François Hollande a capitulé avant de mener bataille,  une campagne nationale unitaire pour obtenir le droit de vote des résidents étrangers vient d’être lancée, portons haut cette proposition

 

3.   Récépissé pour lutter contre les contrôles au faciès

Acte quotidien de la discrimination et de la stigmatisation, le contrôle au faciès. De nombreuses associations proposent la mise en place d'un récépissé anonyme en cas de contrôle d'identité par les forces de l'ordre. Ce reçu permettrait de caractériser si c'est le cas, l'existence de possibles contrôles abusifs.

C’était un engagement de François Hollande, Manuel Valls y a mis un terme.

Pourtant, un jeune de type maghrebin a 8 fois plus de chance d’être contrôlé qu’un individu de type blanc, la probabilité de contrôle pour un noir est 6 fois plus importante.

Portons  une proposition de loi pour la délivrance d’un récépissé qui permettrait dans les faits d’interdire ces contrôles

 

Vous l’avez compris, il y a urgence ! Il y a urgence  car nous avons besoin de volonté politique pour gagner la bataille du rétablissement de l’égalité car ce sont sur des temps longs que reculeront durablement et réellement le racisme et les discriminations.

La réconciliation ne peut être effective sans droits, sans égalité, sans reconnaissance de l’Autre et sans remise en cause de l’ordre social.

N’oublions pas que l’immigration est constitutive de l’identité française, elle s’est construite avec les immigrés belges, suisses, roumains,  tchèques, allemands, italiens, polonais, arméniens, les juifs d’Europe Centrale, les grecs, les espagnols,  ou encore les portugais. La France se construit aujourd’hui avec des citoyens venus d’Asie,  des algériens,  des marocains, des comoriens, des maliens, des tunisiens, des roumains,…  sans eux et sans elles la France n’est plus tout à fait la France !

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